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INTELLIGENCE COLLECTIVE : 5 QUESTIONS à Deborah MAAREK

· Deborah Maarek,Intell Collective,forum ouvert,Invisible

Indépendante experte en intelligence collective pendant presque 15 ans, Deborah Maarek a rejoint un grand groupe depuis une année… Voilà qui m’a réjouie de voir ces entreprises intégrer pareille pépite, entre expertises, exigence et générosité !

J’ai aimé interroger cette facilitatrice chevronnée sur deux de ses passions : l’Asie et le forum ouvert, format particulier d’intelligence collective notamment. Sur son besoin d’être en phase et alignée avec ceux avec qui elle travaille. Et sur son goût pour imaginer des ateliers collectifs où chacun peut être juste, différent, mais résonnant de toutes ses richesses, et où toutes les qualités revêtent la même importance.

Merci @Deborah ! De ce moment. De cet échange enthousiaste entre #Asie et #Énergies invisibles, #Forum ouvert #Souveraineté ! Merci aussi à toi @Stéphane Riot !

#CEstParti !

1/ Pour vous, qu’est-ce que recouvre l’intelligence collective ?

Ce qui me porte, c’est d’abord le nous — qui se décline en premier lieu à l’intérieur de nous. Ce me semble être le premier travail, celui d’avoir la conscience de toutes les intelligences que nous avons en tant qu’êtres humains, de toutes nos parties ; y être alignés, en harmonie. Ce que nous faisons avec des groupes est pour moi à faire d’abord au niveau individuel. L’intelligence collective n’est en effet pas complète si nous ne pensons qu’à des collectifs extérieurs, oubliant ceux qui nous sont intérieurs.

J’ai vécu 3 ans en Chine, et j’ai vraiment apprécié pouvoir expérimenter mes différentes intelligences, dont celles qui étaient invisibles. Dans ce pays du feng shui, je me souviens avoir vu, un jour, un haut gratte-ciel percé en son centre d’un trou carré. Construit récemment, cet immeuble moderne avait été ainsi conçu afin de permettre au dragon de descendre de la montagne vers la mer sans être stoppé par le bâtiment… Conscience de l’invisible. Conscience qu’il y a autre chose. Combien j’ai aimé cette période !
Quand on parle d’intelligence collective, il y a aussi le besoin d’avoir une vue holistique.

2/ De votre point de vue, y a-t-il des ingrédients indispensables pour que puisse être possible une démarche d’intelligence collective ?

Je commencerai par la nécessité d’une demande et d’un engagement clairs de la part du leadership. Le rôle du facilitateur est ici tant de capter la volonté des leaders de changer, que de challenger l’engagement possible pour cette structure-là.

Lorsque je forme des facilitateurs, je dis souvent qu’il nous appartient d’être conscients que cette démarche génère un énorme changement, et que ceux pour qui cela va le plus important sont les dirigeants eux-mêmes. Ils se retrouvent face des demandes, des fonctionnements comme des communications complètement différents de ce qu’ils ont appris à gérer. Nous devons donc nous interroger sur la capacité du leader à pouvoir changer. À analyser si ces changements vont plutôt dans le sens de ses valeurs… ou non. Si je sens que je fais face à un leader qui a envie, mais que cela ne semble pas être le moment, je fais alors un plus petit pas pour commencer. Qu’il goûte à quelque chose sans se mettre ou mettre ses équipes en danger.

Je dirais aussi qu’il ne faut pas que cela soit fait dans l’urgence. Avec l’urgence, règne généralement l’insécurité, il est alors difficile d’amener les équipes à co-créer, à oser de nouvelles manières d’être, à toucher des choses différentes qui parfois sont très subtiles. Plus les gens se sentent en sécurité, plus ils peuvent découvrir de choses.

3/ J’entends le besoin de clarté, d’engagement de la direction générale, et de ne pas être dans l’urgence. À l’inverse, y a-t-il des points dont vous vous dites qu’ils sont rédhibitoires ?

Si l’on veut travailler en intelligence collective et que cela fonctionne, que cela ait un impact durable, il me semble indispensable de commencer sur la gouvernance participative.

De mon expérience en effet, si ce chantier sur la gouvernance n’est pas clair, j’ai souvent observé que peu de choses se mettent en place derrière. Bien sûr, il est possible d’avoir à travailler d’abord sur d’autres choses — ce qui fait que ce n’est pas rédhibitoire. Mais de le faire sur la gouvernance participative va nous aider à faire réellement une vraie formation — ce qui peut se faire de plusieurs façons — pour une véritable transformation.

4/ Vous avez été l’une des premières à faciliter avec forum ouvert, pour les colibris. Qu’apporte ce format spécifiquement ? Est-il est imaginable dans tous types de milieux et d’échelles ?

Forum ouvert est en effet un format de prédilection pour moi ! J’en apprécie la simplicité, la structure qui permet la liberté et éduque chacun à la souveraineté, et qu’il y ait cette danse entre l’individuel et le collectif. On commence ainsi tous en cercle, en toute équité — chacun est ici sur un même pied d’égalité, avec ses intelligences mentale, du cœur, du corps, de l’intuition.

Puis chaque participant peut prendre la parole pour proposer tout type de sujet, et décider ensuite de le mener à bien ou d’arrêter, sans se justifier.

Les étapes qui suivent permettent aux personnes présentes d’échanger sur l’un de ces sujets, ou de partir vers un autre. D’être là où elle le souhaite. De partir quand elle le souhaite. Et tout est ok.

La partie que j’adore est celle, quand tout le monde revient, où l’on demande à chacun : c’était comment pour vous ? Je vois bon nombre de personnes répondant alors « Ah oui, j’avais zappé que l’on pouvait butiner d’un atelier à l’autre, et je suis resté coincé dans mes ateliers… » On est tellement peu habitués à telle souveraineté ! C’est en effet une façon si différente de penser les relations les uns avec les autres comme avec soi-même. Enfin, c’est un format où il a une énergie extraordinaire. Que l’on soit 5 personnes, le minimum, jusqu’à 2 000 à 3 000, forum ouvert peut se mettre en place dans tous types de milieux.

5/ À un dirigeant qui voudrait s’embarquer dans une démarche collective, quels seraient vos conseils ou propositions pour ses 3 premiers pas ?

Ce qui me vient en premier c’est : allez-y. Bravo ! Ayez confiance en vous. C’est un chemin, où il y a plein de portes ; c’est un chemin qui va aussi vous transformer.

Commencez par checker : qu’est-ce qui m’intéresse ? Pourquoi ai-je envie de me lancer dans cette aventure ? Qu’est-ce que j’aimerais qui soit différent dans ma vie ou dans ma société dans 1 an, 2 ans, 3 ans ? Puis parlez-en… dans votre entreprise, avec vos collaborateurs et pas seulement avec le comité de direction ! Questionnez-les. Prenez de cette façon la température à tous les niveaux, pendant quelques mois. Et récoltez les infos.

Au bout d’un moment, regardez qui est concerné ; ceux que cela intéresse le plus vont ainsi constituer un premier petit groupe. Dès le début, laissez-leur de l’autonomie, qu’ils proposent une conférence, de se former, etc. Et continuez, vous aussi, à chercher ; comme vous faites partie du collectif, n’hésitez à vous former, que le leader se donne les mêmes chances qu’aux autres.

Bref, prendre soin de soi. Clarifier. Voir dans l’entreprise qui est intéressé. Monter un petit comité, et que là commence déjà l’autonomie en disant : sur quoi voulez-vous vous former ? Qu’est-ce qu’on voudrait essayer ? Etc. Cela serait ma façon d’avancer. C’est très simple. Et permet de voir ce qui va émerger.

Et pour conclure…

On ne fait pas de l’intelligence collective pour de l’intelligence collective ! Honnêtement, je fais de l’intelligence collective pour transformer le monde. Avec une intention très claire : nous donner l’opportunité de trouver des solutions aux problèmes complexes qui nous font face, mais aussi, pour vivre dans un monde avec plus de joie, d’équilibre, de créativité, d’écologie…

Merci encore, Deborah!

Deborah Maarek

Quelques liens :

- l'interview de Deborah Maarek sur ce qu'est forum ouvert : https://www.youtube.com/watch?v=cvLYz6CYllo

- vidéo sur ce qu'est forum ouvert : https://www.youtube.com/watch?v=xZHfoVs5CUA&feature=youtu.be

Propos recueillis le 17 janvier 2020. Carole Babin-Chevaye

Architecte de liens et de croissance, c'est avec les outils de la conduite du changement et des processus d'intelligence collective que j'accompagne les dirigeants, startupers et managers, qui, s'ils sont clairs dans leur stratégie, se retrouvent souvent seuls face à des équipes surchargées, aux trop nombreux dossiers et planning engorgés. Objectifs : retrouver des équipes avançant ensemble avec envie et enthousiasme, dans des organisations permettant à chacun d'apporter sa couleur propre.
Les 3 leviers de ma méthode :

1. Inspiration -> regarder ce qui se fait ailleurs, dans d'autres secteurs, d'autres directions, et réveiller l'en-vie d'avancer

2. Intelligence collective -> recréer du lien et des zones de dialogues, pour générer un « travailler ensemble »

3. In-formation -> inscrire dans la durée de nouvelles postures et engrammer ces nouveaux comportements.

Plus d'infos sur http://www.cbabinchevaye.com/ ou contactez-moi : cbc (@) cbabinchevaye.com.

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